Là où nous sommes, la Meuse s'écoule en décrivant un tracé formant des méandres encaissés dans le plateau ardennais.
La chaîne montagneuse de l'Ardenne s'est formée en environ 150 Ma (de - 445 Ma à - 300 Ma) au cours des orogenèses calédonienne et varisque qui se sont déroulées pendant l'ère Primaire.

 

 

Le paysage

Vue sur un méandre et le plateau ardennais


Les méandres des fleuves et des rivières se forment et se développent en général dans les plaines alluviales.
On a l'exemple des méandres de la Seine en Basse-Normandie.
Dans ce cas, on parle de méandres libres.

Ici nous sommes en présence de méandres encaissés assez profondément dans le plateau ardennais.

Donc le paysage ancien de l'époque où ces méandres ont commencé à se former était différent.
Ce paysage a changé.

Il ressemblait certainement à une plaine alluviale actuelle (une pénéplaine).

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Les méandres de la Meuse et le plateau ardennais

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Le Cambrien de Rocroi : croquis du panorama de la
Roche-à-Sept-Heures



1 -
Monthermé
2 -
La Meuse
3
- Le plateau ardennais
4 - La Roche à Corpias
5 - Fay-Phade
6 - Les Quatre Fils Aymon
7 - L'Épine
8 - Écaillette
9 -
Malhanté
10 - Échina

 

 

 

 

 

Comment expliquer le paysage actuel et l'encaissement des méandres ?

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La surimposition

 


Les méandres encaissés sont un exemple d'inadaptation d'un cours d'eau à la structure géologique.


Première hypothèse :

L
a rivière cheminait sur une pénéplaine formée à ses dépens.
Une pénéplaine est un large espace résultant d'une longue érosion avec de faibles dénivellations.

La rivière avait un tracé différent de celui qui est observé actuellement.
Elle s'est établie sur une surface plane, par exemple sur une couverture sédimentaire discordante ayant fossilisé une structure géologique plissée, dans une région ayant subi des déformations tectoniques anciennes.

 

 

 

 


A la suite de l'érosion, le cours d'eau s'écoule alors sur une roche très différente (une roche plus dure, par exemple) de celle sur laquelle il s'était établi à l'origine. Il se trouve parfois dans une position topographique anormale par rapport à une structure géologique qui n'était pas présente au départ (sur le flanc d'un anticlinal, sur un massif cristallin).
Il doit s'adapter aux nouvelles conditions et il creuse son lit en s'encaissant, en constituant des méandres.


Cela correspond à la surimposition par rapport à la structure géologique : la création des méandres est postérieure aux déformations tectoniques.

 

 

 

 

 

 

L'antécédence

 


 

Deuxième hypothèse :

La rivière s'est installée sur une pénéplaine en créant des méandres libres dés le départ.

 

 

 

 

 

 

 

 

Puis des déformations tectoniques se sont produites de façon suffisamment lente (surélévation de l'ardenne) pour que la rivière puisse continuer à maintenir son tracé primitif pendant la surrection.

 

Dans ce cas, on parle d'antécédence : la création des méandres est antérieure aux déformations tectoniques.


 

 

En fait, un grand nombre d'inadaptations s'expliquent par le jeu combiné de la surimposition et de l'antécédence.

Les méandres encaissés résultent de l'inscription de méandres libres, par surimposition et/ou antécédence.
Leur forme est généralement moins régulière que celle des méandres libres, car elle subit les contraintes de la structure géologique au cours de leur creusement.

En ce qui concerne la Meuse, il y aurait eu le jeu des deux processus :
- antécédence, dans un premier temps, ,
- puis surimposition, dans un deuxième temps.

Antécédence : la Meuse s'installe au Tertiaire sur une pénéplaine issue de l'érosion, sur une couverture ayant fossilisé des terrains plissés au cours des orogenèses calédonienne et varisque.
Elle creuse cette pénéplaine en formant des méandres.
La région subit alors le contrecoup de l'orogenèse alpine ; il s'en suit une surélévation du plateau ardennais. La Meuse conserve alors son lit primitif pendant cette remontée.

Surimposition : la Meuse continue à creuser son lit dans les terrains plissés au cours du Primaire, mis à jour par l'érosion.